Premiers orages à Nxai Pan

La vie sauvage à Nxai est rythmé par les pluies et la migration des herbivores, faisant de la saison humide une excellente période pour visiter le parc.

Lors de notre visite mi-Novembre, le sol est encore craquelé par la sécheresse. Un indice indique cependant l’arrivée imminente de la pluie puisque les springboks et quelques gnous occupent déjà les plaines jaunies par la chaleur.

Le parc se divise en deux régions distinctes. Au sud se situe le pan de Kudiakam et au nord le pan de Nxai dont les pistes dessinent un demi-cercle. Il possède un unique camping, South Camp, celui du nord ayant été fermé depuis longtemps. Du côté de Baines Baobabs, 3 camps sauvages sont disponibles autour du pan. Nous passons notre première nuit sur le N°1, avec sa vue imprenable sur les arbres.

De ce côté, il y a très peu d’animaux, même si les traces des éléphants sur la croûte de sel nous montrent que nous ne sommes pas si seuls. L’intérêt de cette région provient plutôt de son décor singulier, croqué et décrit par l’explorateur naturaliste Thomas Baines en 1862.

Voilà ce qu’il raconta après avoir découvert le bouquet de baobabs qui domine toujours le pan de Kudiakam :

Il y avait là cinq arbres en pleine croissance et deux ou trois plus  jeunes, en sorte que, quand ils portent leur feuillage, ils doivent donner une ombre magnifique. Un tronc gigantesque était tombé gisant à terre; mais, sans rien perdre de sa vitalité, il poussait des branches et des feuilles nouvelles, comme les autres. Le ton général de ces tiges immenses étaient gris et rude; mais, dans les endroits où la vieille écorce s’était frisée ou bien était tombée, la nouvelle avait cette couleur cuivreuse et métallique, rouge et jaune, que le docteur Livingstone me reprochait si obstinément de reproduire dans mes peintures; et elle brillait par larges places de façon à donner à l’ensemble, suivant les jeux de la lumière et de l’ombre, un ton d’un gris rouge ou jaune ou même pourpre foncé.
Voyage dans le Sud-Ouest de l’Afrique ou Récits d’explorations faites en 1861 et 1862

Avec le temps orageux, les baobabs prennent une allure dramatique. Installés de l’autre côté du pan, on imagine volontiers l’émerveillement des explorateurs qui ont successivement découverts la beauté cachée du Botswana.

Nous partons le lendemain pour explorer la région de Nxai à proprement parlé. Nous n’aurons pas eu la chance de rencontrer les fameux guépards qui résident dans les vastes plaines du parc. Les lions boudent également notre venue mais nous avons été gâtés par les chacals, les autruches, les springboks, les lapins du cap et par des faucons qu’on a peu l’occasion d’observer vers chez nous à Chobe.

La présence des éléphants crée une véritable surprise, dans cet environnement aride, dépourvu d’une végétation importante. Le point d’eau permanent et les multiples cuvettes se remplissant avec les pluies permettent pourtant à ces géants de couvrir leur besoin en eau. L’environnement salin a blanchi leur peau grise et les éléphants de Nxai sont de fait bien plus pâles qu’ailleurs.

En fin de journée, la pluie tombe sérieusement sur le pan. Les pistes de terre s’inondent en quelques minutes sous un impressionnant déluge. Les animaux sont partis se mettre à l’abri, nous laissant seuls spectateurs de ces paysages grandioses et de cette ambiance électrique.

Nxai Pan est peut-être le parc le moins connu du Botswana. Et s’il est vrai que la faune peut y être aléatoire, c’est un endroit étonnant à découvrir tout particulièrement entre Novembre et Avril. C’est le parc le plus accessible de la région des pans salés, situé à 50 km de la route reliant Maun à Nata. Ici, les amateurs de grands espaces en 4×4 seront comblés !
2018-02-01T15:00:18+00:00 15 novembre 2017|Le blog, Nos échappées|

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