L’outarde, reine du Botswana

Si vous avez déjà visité le Botswana en self drive, vous avez probablement remarqué cette affiche jaunie, placardée à toutes les portes des parcs et réserves du pays.  Mais avez-vous eu l’occasion d’observer ce gros oiseau rigolo lors de vos safaris ?

L’outarde, ou Kori Bustard en anglais, a de quoi attirer l’attention puisqu’il est l’oiseau volant le plus lourd du monde ! L’autruche et tous ses superlatifs, peut aller se remplumer, elle ne remportera pas ce record là ! Attendez-vous donc à rencontrer un très gros oiseau, même si on le voit plus souvent à terre que dans les airs.

Car l’outarde passe la plus grande partie de son temps à arpenter les plaines ouvertes recouvertes d’herbes ou d’arbustes, à la recherche d’insectes, de rongeurs, de lézards ou même de serpents. C’est un omnivore opportuniste qui se nourrit aussi de végétaux : graines, baies, racines, fleurs ou melons sauvages…

Sur le terrain, reconnaitre un Kori est assez aisé : l’oeil rond et jaune, une houpette sur la tête et un plumage singulier brun au dessus et tacheté de noir sur les côtés. Et ce qu’on aime particulièrement chez lui, c’est son petit air perché :)

Les kori ont des habitudes de reproduction polygames, dans lesquelles un mâle se présente pour attirer plusieurs femelles. Se donnant rendez-vous sur des sites régulièrement utilisés dans des zones dispersées, ces expositions ont généralement lieu le matin et le soir. Les parades nuptiales des mâles sont impressionnantes et élaborées. Les mâles tiennent leur tête en arrière, les joues saillantes, ils gonflent leur œsophage jusqu’à quatre fois sa taille normale et ressemble à un ballon.

Dans la culture setswana, le kori était traditionnellement considéré comme un oiseau royal qui ne pouvait être consommé que par les chefs et ceux qui avaient reçu une autorisation royale.

Bien que leur nombre réel au Botswana soit inconnu, les outardes sont observées régulièrement dans les zones protégées. Dans le parc de Chobe, nous les voyons même assez souvent.

L’espèce occupe une place prépondérante dans de nombreuses cultures africaines autochtones, en raison de sa taille imposante et impressionnante, et des parades nuptiales spectaculaires des mâles. L’oiseau figure d’ailleurs dans les danses et les chansons du peuple San du Botswana, et des peintures représentant les outardes sont rencontrées dans l’art rupestre ancien des bushmen. C’est probablement la raison pour laquelle le Kori a été finalement choisi pour devenir l’oiseau national du Botswana en 2014 !