Salade de pâtes à Nogatsaa

Voilà qui pourrait être le titre d’une nouvelle enquête de Mma Ramotswe ! Mais aujourd’hui, nous n’avons pas d’énigme à résoudre si ce n’est de découvrir comment le paysage de Nogatsaa se transforme avec l’arrivée des pluies. Souvenez-vous, nous étions déjà allés par là en juillet 2016 pour la toute première fois !

En ce premier jour de l’année 2019, nous profitons d’un temps plus clément et nous embarquons à bord d’un Prado en direction de cette région oubliée de Chobe où un lodge, pour le moins exclusif, a récemment ouvert ses portes.

Sur la route goudronnée qui traverse le parc, nous croisons des buffles, des zèbres, des girafes, un splendide autour chanteur et 3 ratels qui traversent dare dare pour se fondre immédiatement dans le bush.

A l’intersection pour Nogatsaa, l’aventure du jour peut vraiment démarrer. Nous n’avons aucune idée de l’état des routes mais nous savons que les pluies auront probablement rendu le sable plus praticable.

Alors que la pluie menace sur l’horizon, nous nous arrêtons à un des points d’eau artificiels encore maintenus dans la région. Seule une tortue trône sur une pierre. Il n’y a pas autre âme qui vive par ici !

On poursuit notre route vers le sud. A mesure que l’on avance, on se rend bien compte que personne n’a roulé sur cette piste depuis fort longtemps. Aucun trace de pneu n’est visible et nous devons régulièrement nettoyer le chemin des branches tombées sous l’indélicatesse des éléphants. Plus on s’enfonce dans le bush, plus la piste est hasardeuse avec de nombreux gués à franchir. Même s’ils sont peu profonds, la couleur noire du sol nous fait parfois hésiter mais il en faut plus à notre Prado pour broncher !

Lorsque l’on arrive enfin vers les plaines de Seloko, c’est la déception. Une petite rivière a remplacé la piste qui mène à la plateforme et nous devinons que les plaines inondables sont maintenant parfaitement inondées. Même si on se permet d’hésiter, la raison l’emporte et on choisit de renoncer.

Nous voilà à la recherche d’un autre emplacement pour déguster notre salade de pâtes. On repère un raccourci sur le GPS qui nous ramène à Kachikau. On se lance et on découvre l’endroit idéal pour notre premier pique-nique de l’année que l’on nommera Dragonflies Waterhole (S18° 18.006′ E24° 45.771′) tant les libellules de toutes tailles et de toutes les couleurs virevoltaient autour de nous ce jour là.

Nogatsaa est un régal de nature sauvage mais les animaux y sont peu présents ou du moins peu visibles en raison de la densité de la végétation, déjà remarquable à la saison sèche. Notre journée sera finalement ponctuée par la rencontre avec l’infiniment grand  (et infiniment mal luné) et l’infiniment petit. Une nouvelle façon de voir la brousse à travers ses plus petits habitants, si heureux et prolifiques à cette période de l’année !