Les cycles saisonniers à connaître

L’Afrique australe est le théâtre de phénomènes climatiques et géologiques localisés qu’il est bon de connaître avant de partir tant leurs effets influencent la nature et la vie sauvage. Ses vastes territoires présentent également des saisons non homogènes rythmant le mouvement des animaux et déterminant l’accès et l’intérêt de certaines régions.

Les crues de l’Okavango (Botswana)

La source du delta de l’Okavango se situe dans les terres humides du Nord de l’Angola. De là coule le fleuve Kubango qui passe par la Namibie avant d’atteindre le Botswana où il prend le nom de Kavango. C’est dans les terres arides du Kalahari que le fleuve se divise alors en multiples canaux formant le fameux delta qui ne trouve pas la mer.

Le Delta de l'Okavango est le second plus grand delta intérieur au monde

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les crues de l’Okavango se produisent pendant la saison sèche. Ce phénomène s’explique facilement. Les pluies d’été gonflent la rivière Kavango en amont du Delta de novembre à début avril. L’eau atteint le Botswana à un rythme très lent et déclenche la montée des eaux dans le Delta avec plusieurs mois de décalage. C’est pourquoi son niveau est au plus haut entre Juillet et Septembre.

Cette crue hivernale, couplée à une période des pluies estivales, rythme l’évolution du delta au cours des saisons. Le cycle des crues peut ainsi se découper en 4 temps :

Le premier assèchement (Septembre à Octobre)

A cette période, l’eau se raréfie dans l’ensemble des plaines inondables du Botswana et ne subsistent plus que quelques points d’eau permanents où sont piégés poissons et autres espèces aquatiques, faisant le bonheur des oiseaux. Les antilopes dépendantes de l’eau commencent à s’éloigner vers des régions plus humides. L’herbe verte des plaines cède vite la place à un sol asséché et poussiéreux.

Les eaux du delta commencent réellement à reculer vers la fin de la saison sèche. L’assèchement atteint son maximum en octobre alors que la région connaît ses plus fortes températures (35°C).

Le gonflement des eaux (Novembre à Mars)

Les pluies commencent généralement à tomber en novembre et provoque une période de répit temporaire. Dès les premières averses, les plaines retrouvent leur fraicheur : les pans se remplissent d’eau et la végétation revient à la vie.

Mais ces pluies locales ont un effet limité sur l’Okavango dont le niveau remonte de façon assez anecdotique durant cette période.

Vers Décembre, la température tourne autour de 30°C. La plupart des animaux migrateurs ont disparu du delta, mais la faune résidente est toujours présente et la saison des naissances commence.

Le second assèchement (Avril à Mai)

Alors que la saison sèche s’installe, se produit une autre période de tarissement des eaux du delta. Elle débute au Botswana au moment même où les eaux des crues des hauts plateaux commencent à inonder les plaines angolaises.

A ce moment, la croissance de la végétation ralentit et l’herbe s’assèche à nouveau.

La crue de l’Okavango (Juin à Septembre)

Et puis un jour, l’eau revient franchement, sous la forme d’une inondation alimentée par la rivière Kubango depuis l’Angola, et se propageant dans le delta du nord-ouest au sud-est. La crue atteint son paroxysme en août avant que l’évaporation provoquée par les fortes chaleurs ne recommence à faire baisser le niveau des eaux.

A cette période, le delta forme à nouveau des îles luxuriantes entourées par des canaux, les antilopes reviennent et les oiseaux suivent le mouvement de l’eau. La température est agréable, entre 20 et 30°C. La saison de la pêche est la meilleure entre Août et Octobre.

Le cycle des saisons dans le Kgalagadi Transfrontier Park (Botswana / Afrique du Sud)

Du fait de son emplacement dans l’extrême Sud-Ouest du Botswana, le Kgalagadi Transfrontier Park jouit d’un climat et d’un rythme saisonnier particulier par rapport au reste du territoire :

Mars à Avril

Le désert est recouvert d’une jolie couche d’herbes vertes et de fleurs. Les températures sont très chaudes et les orages sont extraordinaires, tout comme les couchers de soleil. La vie sauvage est active mais éventuellement dispersée.

Juin à Juillet

Les herbes s’assèchent et transforment le désert en un tapis doré. Les températures sont plus clémentes la journée mais deviennent glaciales la nuit. Le ciel est très bleu avec de gros nuages blancs et la lumière se durcit. Les animaux préfèrent généralement rester dans les dunes et désertent le lit trop froid des rivières.

Septembre à Novembre

Les herbes disparaissent du désert. Les journées sont chaudes et les nuits sont douces. Les animaux se rassemblent aux points d’eau.

Décembre à Février

Le désert apparaît dans son état le plus sec et s’étend à perte de vue. Il fait excessivement chaud la journée (40 à 50°C aux heures les plus chaudes), la pluie offrant un rafraichissement inespéré. Les points d’eau deviennent stratégiques pour les animaux qui fuient la chaleur jusqu’à la tombée de la nuit et qui s’activent plus volontiers aux premières heures de la journée.

Le débit des Chutes Victoria (Zambie / Zimbabwe)

Frontière naturelle entre la Zambie et le Zimbabwe, les chutes Victoria forment le plus grand rideau d’eau du monde.
Elles se situent sur une partie du fleuve Zambèze atteignant 1,7 km de large où l’eau plonge à près de 100m de hauteur.
Les chutes Victoria se divisent en différentes cascades plus ou moins hautes et plus ou moins larges. D’ouest en est se situe Devil’s Falls, au débit très dense, Main Falls, Horse Shoe Falls, Rainbow Falls, Armchair Falls et Eastern Cataract.

Décembre à févier

Le débit des chutes reste faible en décembre mais augmente au fur et à mesure que l’on avance dans la saison des pluies. La brume qui s’échappe des chutes s’élève de plus en plus haut dans le ciel. L’eau du Zambèze est vive et le niveau du fleuve est élevé.

Mars à Mai

Les chutes Victoria atteignent leur débit le plus puissant après la saison des pluies (en moyenne 500 millions de litres d’eau par minute). Avril est généralement le mois le plus impressionnant : la brume est si dense qu’elle remonte vers le haut sous forme de pluie et le bruit est si fort qu’il s’apparente à un véritable rugissement.

A cette période, les lunettes et la cape de pluie sont indispensables et le matériel photo devra être parfaitement protégé contre l’humidité !

Juin à Septembre

Dans cette période de transition, le niveau de l’eau et le débit s’affaiblissent au fur et à mesure que la saison sèche s’installe. La brume est moins présente rendant la visibilité plus étendue et la paroi rocheuse commence à se dévoiler.

Attention, c’est aussi la période la plus touristique.

Octobre à Novembre

A la fin de la saison sèche, le niveau des eaux est au plus bas. La chute se répartie en différents filets d’eau et la paroi rocheuse est de plus en plus à découvert. Le côté zambien est souvent totalement asséché à cette période.

Le survol des chutes est intéressant, offrant une vision panoramique excellente.

Le cycle des saisons dans le Hwange National Park (Zimbabwe)

De mi-mai à Août : Mois d’hiver

Bien que les journées restent chaudes et ensoleillées, les soirées et les nuits peuvent être extrêmement froides au Hwange, avec des températures pouvant descendre en dessous de 0.

De Septembre à Mai : Mois d’été

Les journées sont très chaudes et les nuits douces. La saison des pluies arrive dès Novembre et s’étend jusqu’au mois d’Avril.

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2016-12-18T13:30:29+00:00 10 décembre 2016|Guide pratique du selfdriver|